Claudine Debelle est photographe de formation, plasticien autodidacte. Il vit et travaille à Paris.

Après une production de jeunesse héritée de l’esprit dadaïste et surréaliste, Claudine Debelle s’essaie à l’installation. Une mise en espace davantage expérientielle que conceptuelle qui témoigne d’un regard assimilé, digéré vers les happenings newyorkais des années 1960.

En rien tautologique, ce qui est en train de se produire dans le travail de Claudine Debelle revendique une coauteurialité avec ses regardeurs, ses visiteurs. Le but esthétique n’est pas l’expérience esthétique mais plutôt l’appel d’une présence commune. La fréquentation de ses oeuvres manifeste la nécessité de trouver un miroir, un retour, une réflexion de la matière à penser dont les plis et replis s’effectue au prisme d’une expérience existentielle commune.

Les installations de Claudine Debelle sont des propositions de déplacement, d’extériorisation d’un vécu intérieur pulsionnel contenu. C’est un appel au déploiement, un appel au sens.

Ses mises en scène déconstruisent jusqu’à les rendre friables, malléables, appropriables les symboles structurants, les points de repères d’une quête, d’une tentative d’être au monde. Et c’est en cela que Claudine Debelle présente une poésie tortueuse, une matrice dans laquelle il faut s’immerger pour en saisir les ressorts.

Dieu est mort, Nietzsche l’a fait clamer haut et fort par un fou dans le Gai savoir, on le sait, Debelle le sait et ainsi s’inscrit dans la longue tradition des artistes modernes qui essaient d’en tirer les conséquences. Il avance pas à pas, à tâtons sur le fil du système des représentations de la sacralité. Tordant le cou au régime mimétique de l’icône et de l’idole, du symbole et du fétiche, il apparaît chez Debelle une recherche constante de déplacement et d’appropriation de ces références comme une tentative bataillenne de re-sacralisation du monde par delà la doctrine religieuse. Comment le sacré et la transcendance s’articulent-elles dans un registre athée ?

Une proposition formelle de re-sacralisation dans l’espace public qui prend pour modèle l’expérience intérieure. Le travail de Debelle interroge sur ce qui donne au corps fatalement mouvant, son élan vital, sa foi sans limite et abstraite qui parfois se manifestent? La trace que marque dans les esprits les installations de Debelle laisse tant entendre le « Kills yr Idols » de Sonic Youth que l’attitude d’Yves Klein pour qui la pratique artistique est la possibilité « d’échapper au destin des morts vivants ».

Parcourir le travail de Debelle c’est lire une tentative de définition d’un sacré tout à la fois horizontal et vertical. C’est expérimenter avec lui le besoin de conviction, de désir comme une tendance vers ce qui nous dépasse, ce qui nous dépense. Il s’agit de prendre la croyance comme terrain de jeu et la quête existentielle comme lieu d’expérimentation poétique – une expérimentation déformant l’imaginaire collectif pour saisir la moelle de se qui créer ou détraque une communion, un élan vital en commun.

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