2020 - 2021

SUBSTANCE LIQUIDES SECRÉTÉES PAR UN ORGANISME VIVANT

 

J’imbibe mon matériel ; pinceaux, brosses et papiers. J’essuie le corps d’eau.
C’est fluide. Ça va pas durer. Ça mute. Ça fuit. Je n’ai pas de prise alors j’observe. On ne peut pas se saisir de l’eau à moins de l’enfermer, non ?
Je nage et je coule dans l’eau. Je m’isole en apnée. Il y a tout qui s’accentue sous le poids de la pression.
Une nouvelle ère commence.
Cette fois-ci elle est bafouée, déchirée, ensevelie.
Je laisse couler la brutalité. J’essaie de donner des coups dans la machine qui sombre.
Galbe. Ocre.
Rouge.
Calcin. Un trait sur lequel trouver un équilibre tant que c’est encore lisible. Finalement je me tords et m’agenouille.
L’aveu de la folie retentira comme de la terre brûlée.
Ces portraits me désarment, résidus de rêves amnésiques.
Ils demandent une dernière danse, les spectres.
Chaque miroir porte mon nom, selon l’humeur.
Dans le sang, la salive, la lymphe et la bile l’humeur est le liquide, pathologique d’origine, qui s’évade.
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Je crois qu’en chacune d’elles, substances liquides secrétées par un organisme vivant, il y a la pulsation du brûlant à l’intérieur.